Vitamine D : une arme anticancer

une arme anticancer

Début juin 2007, la Société canadienne du cancer a invité les adultes habitant au Canada à prendre un supplément de 1 000 unités internationales (u.i.) de vitamine D chaque jour, en raison d’une série de preuves de plus en plus nombreuses d’un lien entre cette molécule et une réduction des risques des cancers de la prostate, du sein et colorectal.

La recommandation de prendre des suppléments de vitamine D chaque jour est surtout indiquée durant la saison hivernale, soit au moment où la luminosité est très faible, car l’exposition au soleil permet au corps de synthétiser cette vitamine naturellement.

L’implication de la vitamine D dans la santé est connue depuis longtemps. Elle permet de maintenir des niveaux de calcium et de phosphore suffisants dans le sang pour la formation et l’entretien des os. Mais depuis une dizaine d’années, de nouvelles recherches chez les rongeurs et chez l’humain suggèrent qu’elle induit une diminution du risque de cancer.  Ainsi, chez l’homme de plus de 65 ans, on constate que plus le taux sanguin de vitamine D est élevé moins le cancer de prostate est agressif.

Autre exemple : les risques de cancer du sein sont inférieurs lorsque les femmes pratiquent une activité physique à la lumière du jour, entre l’âge de 10 et 19 ans, par rapport à une activité physique similaire exercée à l’intérieur.

La vitamine D est aussi apportée par l’alimentation, en même temps que ses effets bénéfiques. En particulier on a pu démontrer que les risques de cancer diminuent dans le cas d’une consommation d’huile de foie de morue. Dans un groupe de femmes test, soumises à un régime supplémenté en calcium et en vitamine D, on relève au bout de 12 mois un taux de cancer diminué de 60% par rapport au groupe témoin.

D’après certains auteurs, une exposition minimale journalière de 10 à 20 minutes à l’heure où le soleil est au zénith induirait une quantité suffisante de vitamine D pour obtenir une bonne protection contre la plupart des cancers.  Mais les dermatologues sont très prudents quant à ces recommandations en raison du risque de cancers de la peau par exposition au soleil.

Ceux qui préfèrent recourir à l’alimentation pour augmenter la présence de cette molécule dans le sang devront accepter de retrouver fréquemment dans leur assiette le petit nombre  d’aliments qui contient des quantités significatives de vitamine D. Les plus riches sont tous les poissons de mer gras. De faibles quantités sont apportées par les viandes, les abats, les champignons. Les poissons maigres (raie, sole, raie, colin) en sont dépourvus.

Présence de la vitamine D dans les aliments
Produits µg de vitamine D / 100 g
huile de foie de morue 200
saumon, hareng, anchois, pilchard 12-20
sardine, truite arc en ciel, maquereau, margarine 8-12
anguille, thon, huître, caviar, jaune d’œuf 3-8
truite des rivières, limande, œufs de lampe 1,5-3
rouget, foies de génisse et d’agneau, beurre, jambon, lard, pâtés, champignons 0,6-1,5

 

Par conséquent, les compléments nutritionnels sont un bon moyen d’atteindre les objectifs recommandés en évitant les dangers d’une exposition excessive au soleil et en variant les menus.

Vous pouvez faire rechercher votre taux de vitamine D au laboratoire d’analyses médicales, par une prise de sang. Le taux normal est de 20 à 50 microgrammes/litre. La vitamine D est généralement bien tolérée chez les adultes, à des doses quotidiennes allant jusqu’à 2 000 UI. Les autorités sanitaires ont fixé la dose de sécurité à 1 000 UI/j.

Si vous avez la peau foncée,  si vous sortez rarement de chez vous ou si vous suivez des habitudes vestimentaire très couvrantes, c’est tout au long de l’année que vous devriez renforcer votre vitamine D. Les nouveau-nés, les nourrissons, les femmes enceintes, les personnes âgées ou souffrant de certaines pathologies de l’estomac, celles qui suivent certains régimes (végétarien, macrobiotique) peuvent souffrir de carences chroniques en vitamine D. Les signes cliniques sont le rachitisme, la baisse de tonus musculaire, les crises de tétanie, les convulsions (hypocalcémie) et l’anémie. La carence constitue un terrain favorable à la perte osseuse et à l’ostéoporose.