Alimentation, activité physique et cancer : une perspective mondiale

activité physique

Publié à l’occasion d’une conférence internationale le 2 novembre 2007, un rapport d’expert commandé par le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer et l’American Institute for Cancer Research fait grand bruit dans le monde anglo-saxon. Ses conclusions unanimes font la une des journaux télévisés outre-atlantique : l’alimentation et l’activité physique sont des facteurs sur lesquels les sociétés occidentales peuvent jouer pour diminuer de 30 à 40% les cas de cancers. Certains des experts qualifient nos comportements de “seconde tabagie”, pour souligner leur dangerosité et notre aveuglement collectif.

Un premier rapport du Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer publié en 1997 associait déjà l’alimentation et l’exercice physique avec l’incidence des cancers. Dix ans plus tard, l’état des lieux se fait plus précis. Les comportements alimentaires des sociétés occidentales sont plus sévèrement mis en cause. Le rapport étend son étude à la pollution de l’eau et aux sodas, qui n’étaient pas étudiés précédemment.

Ce rapport de 2007 met en évidence les avancées de la recherche sur le domaine, notamment en ce qui concerne l’alimentation, la partie la plus longuement traitée.

Par exemple, le bénéfice d’un régime riche en fibres pour limiter les risques de cancer colorectal et celui de l’oesophage est désormais mieux documenté. Les preuves des effets positifs du soja, de l’ail, des oignons et du piment sont plus fortes aujourd’hui. Les dangers de l’alfatoxine, contenue dans certains champignons, sont mieux connus, ainsi que les effets néfastes d’une trop grande consommation de viande rouge et d’alcool.

En ce qui concerne l’exercice physique, les conclusions des études prises en compte par les experts convergent : une activité physique soutenue tout au long de la vie est protectrice. L’allaitement maternel est également cité comme naturellement bénéfique.

C’est à un véritable changement de comportement que les experts du Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer nous appellent, avec un grand nombre d’arguments scientifiques détaillés. La lecture est difficile pour le quidam sans formation scientifique, mais les recommandations finales sont claires :

1. Soyez aussi mince que possible tout en évitant l’insuffisance pondérale.

2. Pratiquez une activité physique au moins trente minutes par jour.

3. Évitez les boissons sucrées. Limitez la consommation d’aliments à forte densité calorique (en particulier les produits à teneur élevée en sucres ajoutés, ou faibles en fibre, ou riches en matières grasses).

4. Augmentez et variez la consommation de légumes, fruits, céréales complètes et légumes secs.

5. Limitez la consommation de viande rouge (comme le boeuf, le porc ou l’agneau) et évitez la charcuterie.

6. En cas de consommation d’alcool, se limiter à une boisson par jour pour les femmes et à deux pour les hommes.

7. Limitez la consommation d’aliments salés et de produits contenant du sel ajouté (sodium).

8. Ne prenez pas de compléments alimentaires pour vous protéger du cancer.

Les deux recommandations qui suivent sont spécifiques et ne s’appliquent pas à tout le monde. Si elles vous concernent, leur adoption peut contribuer à réduire votre risque de cancer.

9. De préférence, les mères devraient exclusivement allaiter pendant les six premiers mois puis introduire d’autres liquides et aliments.

10. Après le traitement, les personnes diagnostiquées d’un cancer devraient suivre l’ensemble des recommandations pour la prévention du cancer