Elle trouve un sens à sa vie après un cancer des ganglions

cancer des ganglions

Publié le : 06 février 20175 mins de lecture

Dans une petite ville du Pas-de-Calais qu’elle n’a jamais quittée, Janine rend visite. Malgré un cancer des ganglions qui la fait souffrir, elle trouve un sens à sa vie en soulageant la solitude des autres, même si c’est une vieille dame acariâtre, avec laquelle elle ne partage pas grand chose. Toute sa vie est un don de soi inspiré par la foi catholique.

Ce jour-là, malgré ses 67 ans et son cancer des ganglions, pas très en forme, Janine s’allonge un moment à cause du mal de tête et, fidèle à sa promesse, se rend au chevet d’une vieille dame abandonnée de tous. Elle ne lui cache pas l’effort qu’elle fait pour lui accorder ce temps de présence, la dame la remercie, laisse paraître peu à peu son émotion, ensemble elles se réjouissent.
Janine est heureuse : « Je  prends les gens comme ils sont et je les respecte. Chacun a le même besoin d’être reconnu et d’être aimé. C’est capital de donner la parole, on est tellement habitué à parler à la place de l’autre. Savoir s’ajuster, choisir le bon moment et trouver les mots avec les autres donne du sens à ma vie. »
C’est devenu un axe si important de sa vie que « Normalement, affirme son médecin, elle aurait dû mourir depuis longtemps, mais Janine ne  peut vivre sans les autres, la moitié de sa guérison repose sur les traitements, le reste sur sa personnalité et le contact avec son entourage. »
Janine trouve la paix dans ce qu’elle donne et ce qu’elle reçoit. Dès l’âge de 18 ans déjà, préoccupée par le devenir des plus démunis, elle s’engage pour ATD Quart Monde et l’enfance inadaptée, une démarche inséparable de sa foi.

En dehors des visites, Janine aime marcher et contempler la nature. « Me promener m’instruit beaucoup, regardez  la nature en ce moment, tout est gelé, mais il y a quelques primevères qui pointent, il y a toujours des signes d’espérance. La foi m’a conduite à l’essentiel, à relativiser, à prendre de la distance, à être cohérente avec moi-même, à réduire les émotions négatives. Tout ce qui m’encombre, je l’abandonne à Dieu, il en fera ce qu’il voudra, ça ne m‘appartient plus. Ce n’est pas si facile d’abandonner, c’est un combat, c’est la foi qui travaille l’espérance en moi. Je pense que dorénavant je vivrai autrement, mais je  vivrai. »
Janine se rend à la messe tous les jours, c’est pour elle un temps de rencontre et de ressourcement. « Je ne suis pas présente toute seule, avec le bon dieu, je suis là avec tous ceux que je porte dans mon cœur, même des malheureux que j’ai vus à la télé. »

Janine n’est jamais seule, elle sent toujours une présence à ses côtés. « Je m’accorde des temps de contemplation et de méditation, à partir d’un texte par exemple. Je garde ces paroles en moi et je les mâche, elles me donnent de la confiance.  Quand je suis mal et qu’une amie me téléphone pour m’embrasser ou passe pour déposer deux poireaux, je me sens tout de suite mieux. C’est  la tendresse de Dieu qui passe. Avant je ne valorisais pas ces petits gestes, c’est la maladie qui m’a permis d’aiguiser ma sensibilité. »

Le père Pirot qu’elle connaît depuis très longtemps en témoigne : « Elle ne juge pas les gens, ni dans leur pauvreté, ni dans leur impuissance, ni dans leur fragilité. Elle met de la vie, on tient beaucoup à sa présence. » Quand Janine lui rend visite, elle parle surtout des autres. Lui l’écoute, mais ne la conseille jamais : « Je suis témoin de ce qu’elle vit, j’essaie qu’elle se sente comprise et respectée. Je ne lui ai jamais demandé comment ça va. Ce serait la dernière question à lui poser. J’ai compris que je ne devais jamais parler le premier de sa maladie. Quand elle arrive, je lui dis seulement : « Quoi de neuf ?». Janine prend toujours note des paroles du prêtre. Et quelques jours plus tard, le père Pirot trouvera dans sa boîte aux lettres,  comme un poème, le reflet, l’écho de leur rencontre. « Faites-en ce que vous voulez » lui dit-elle. « Je suis plus heureuse qu’avant, cela n’exclut pas la souffrance, mais je suis en paix ». Le Père Pirot le sait, lui qui la cite souvent dans les retraites qu’il organise.

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