Ma maman a le cancer

un centre de soins

Publié le : 18 janvier 20184 mins de lecture

« Maman a une grosse boule à la totote , c’est un cancer très très grand, il faut vivre avec pendant longtemps ». Quelques rimes pour parler simple mais vrai. Un jour dans une médiathèque municipale, chez une psychologue ou sur le présentoir d’un centre de soins, vous tomberez peut-être sur un joli petit livre vert avec deux fillettes à couettes dessinées dessus. Elles s’appellent Louise et Jeanne. C’est leur maman Bénédicte qui a écrit et illustré cet album cartonné. Pour elles. Pour que tous les enfants sachent que chaque maman malade n’a qu’un objectif : vivre envers et contre tout.

Vivre pour préparer les crêpes du goûter ensemble, dessiner et bricoler après l’école, partager les bons petits plats mitonnés du soir, repeindre la salle de bain de la maison de grand-mère où tous les quatre habitent et reçoivent sans cesse des amis, de la famille. La vie continue mais elle a changé : Bénédicte ne conduit plus à cause de la morphine, elle reste couchée souvent. Que dire à ses filles, 4 et 6 ans, quand elles veulent aller se promener ?
« C’est important d’utiliser de vrais mots, le cancer est une longue maladie et on peut en mourir. Il faut nommer les choses, dire la vérité, les enfants en ont besoin. J’ai toujours parlé à mes enfants,  je les encourage à me poser toutes les questions qui leur viennent même si je ne sais pas toujours ce qui peut être entendu, retenu, compris, accepté » .
Louise l’aînée, 6 ans, est passée par des moments difficiles, de repli, à la maison, à l’école. Et pourtant un jour, avec l’aide du médecin, elle arrive à nouveau à reformuler les choses : « Maman, pourquoi tu n’as plus qu’un sein ? » Et Bénédicte de raconter encore une fois l’opération. « Quand les enfants s’interrogent c’est plutôt bon signe: « L’opération, ça fait mal ? Comment ils font ? ils coupent ? pourquoi t’as perdu tes cheveux ? pourquoi tu es si fatiguée ? pourquoi tu ne souris plus, maman ? C’est le silence et l’enferment qui sont redoutables pour la famille. » Jeanne la cadette semble mieux s’accommoder de la situation. Elle n’avait que 18 mois quand sa maman a été hospitalisé pour un cancer du sein.  Elle l’a toujours connue malade.

Petit à petit, une idée a germé dans l’esprit de Bénédicte :  mettre son talent de graphiste au service d’un livre.  Elle rumine son projet pendant des mois avant de l’écrire d’une traite. Elle y raconte aux enfants la découverte de la maladie, les traitements, les examens jusqu’à la rémission.

Malgré une récidive, Bénédicte trouve la force de chercher un financement. C’est finalement la CPAM de Valenciennes qui prendra le coût de l’édition en charge. 5000 exemplaires, dont 2500 seront distribués gratuitement dans les centres de soins et 2500 dont les bénéfices de la vente seront reversés à la recherche contre le cancer. » Elle présente son travail avec passion : « Que ce livre permette de susciter le dialogue dans les familles, qu’il aide les grands-parents malades et leurs petits-enfants à parler, qu’il serve aux psychologues. L’essentiel est de ne jamais perdre espoir, mais il faut exiger de connaître la vérité, toute la vérité. C’est le sens de ce livre. Je suis heureuse et fière de l’avoir écrit. »

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