Moins de cancers chez les buveurs de thé japonais

thé japonais

Publié le : 17 novembre 20163 mins de lecture

Fin septembre 2007, l’American Journal of Epidemiology publiait un article démontrant une réduction de moitié des risques de cancer avancé de la prostate chez les buveurs de thé vert. L’habitude de consommer cette boisson pourrait expliquer la relative rareté de ces cancers en Asie.

Au Japon, des études faites sur autopsie, après un certain nombre de décès sans lien apparent avec un cancer, montrent que les personnes examinées ont le même nombre de petites tumeurs prostatiques qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Dans les pays asiatiques, l’incidence des cancers est moindre que dans les pays occidentaux. Certains facteurs liés à l’environnement inhiberaient la croissance des cellules tumorales.

Depuis les années 1990, les chercheurs du National Cancer Center de Tokyo ont suivi près de 50 000 japonais de sexe masculin, afin d’isoler des comportements qui pourraient expliquer ces différences. Une des pistes étudiées était la consommation de thé vert. Leur résultats sont intéressants : les risques de développer un cancer de la prostate à un état avancé sont de 50% inférieurs pour les hommes qui consomment au moins 5 tasses de thé vert par jour, par rapport à ceux buvant moins d’une tasse. Ces statistiques viennent étayer d’autres résultats de recherche qui suggèrent que le thé vert est une piste intéressante pour la prévention et le traitement de certains cancers.

Des études ont été réalisées en laboratoire sur des lignées cellulaires pour évaluer l’impact d’extrait de thé vert. Des cellules tumorales ont été mises en présence d’un des composants actifs du thé vert : une catéchine, nommée épigallocatéchine-3-gallate (EGCG).
L’EGCG possède une puissante activité anti-angiogénique : elle inhibe la création de micro-vaisseaux sanguins qui alimentent la cellule cancéreuse. Son pouvoir anti-oxydant est estimé de 25 à 100 fois plus puissant que celui des vitamines C et E. Des cellules de tumeur cérébrales ont été sensibles à son activité. En janvier 2008, une nouvelle étude montre cette action chez un rongeur à qui une tumeur humaine du pancréas a été greffée. Les métastases sont moins fréquentes.

Un autre intérêt des substances extraites du thé vert apparaît depuis une étude connue depuis 2006. La combinaison de produits utilisés lors d’une chimiothérapie et de théanine, un acide aminé extrait des feuilles de jeunes pousses de thé vert, augmente l’efficacité du traitement. L’adjonction de cet extrait de thé vert aide à la destruction du réseau sanguin qui alimente la tumeur.  La mort des cellules tumorales est plus rapide et la taille de la tumeur diminue plus vite qu’avec l’administration des médicaments seuls. Ces études en laboratoire ont été faites sur la doxorubicine et le tamoxifène.

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