Auriculothérapie : des petits clous contre les grandes douleurs

une technique d'acupuncture

Publié le : 17 novembre 20164 mins de lecture

Redécouverte dans les années 1950, l’auriculothérapie est une technique d’acupuncture aujourd’hui utilisée dans le traitement des séquelles du cancer. Cette pratique basée sur la correspondance de zones de l’oreille et du cerveau permet de stimuler les organes du corps. Pour Roger, privé de salive après une radiothérapie, le résultat est très encourageant.

 « Je ne traite pas le cancer mais ses conséquences », martèle David Alimi, médecin à l’Institut Gustave Roussy (IGR – centre de référence en cancérologie) de Villejuif. Professeur associé à la faculté de médecine de Paris, il est un des pontes de l’auriculothérapie. Depuis 12 ans, il assure une consultation hebdomadaire à l’IGR destinée au traitement de la douleur chez les patients en rémission après une prise en charge classique : chirurgie, chimio ou radiothérapie. Cette technique redécouverte en France dans les années 1950 est en fait « vieille de plus de trois mille ans » explique le Dr Alimi : « On l’utilisait en Chine, en Inde et en Egypte ».

En fin pédagogue, il décrit son principe avec des images facilement compréhensibles : « Si on assimile le cerveau a un ordinateur, les faces externes et internes des oreilles peuvent être comparées à des claviers de commande. Chaque pavillon dessine un fœtus tête en bas. Une zone identique mais deux fois plus importante leur correspond dans les hémisphères cérébraux. La méthode consiste à stimuler avec des aiguilles les organes du corps à partir des 196 points répertoriées sur l’oreille. »

Roger, traité en 2006 pour un nodule cancéreux localisé au niveau du cou, ne tarit pas d’éloges sur l’auriculothérapie. Les séances de radiothérapie avaient brûlé toute la muqueuse de sa bouche et surtout détruit ses glandes salivaires. « La situation était insupportable. Ma langue, totalement asséchée, se fendillait et restait collée au palais. Impossible de m’endormir sans Lexomil », explique-t-il. Roger a déjà suivi trois séances espacées d’un mois et demi pour activer les glandes salivaires accessoires. Après la première consultation, sa situation s’était déjà beaucoup améliorée. « 70 % des patients dans ce cas de figure répondent positivement au traitement » affirme David Alimi.

Les indications de l’auriculothérapie sont aujourd’hui nombreuses : bouffée de chaleur, insomnie, anxiété, douleur due à un membre fantôme (après une amputation). Si on lui demande si l’auriculothérapie peut empêcher une récidive, le docteur Alimi répond sans détour : « Il n’y a pas d’étude sur ce sujet. Mais en traitant la douleur, vous augmentez la résistance de l’organisme. A l’arrivée le patient a de meilleures chances de se défendre contre les agressions ».

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